Vérité

Quelques Définitions:

Etymologie de inconscient: origine latine : veritas, verus (vrai)

Définition générale : Ce à quoi l'Esprit peut et doit donner son assentiment (par suite d'un rapport de conformité avec l'objet de pensée, d'une cohérence interne de la pensée); connaissance à laquelle on attribue la plus grande valeur (opposé à erreur, illusion).

Définition générale philosophique : Caractére des jugments et propositions qui les expriment auxquels on ne peut qu'accorder assentiment, c'est-à-dire qui s'imposent à notre esprit et à tout autre esprit , et qui est le fondement de l'accord universel entre les esprits.
Conception pragmatique de la vérité: Il faut chercher le critére de vérité dans l'action. La vérité est ce qui satisfait l'ensemble des besoins humains.
Les vérités eternelles , de raison absolues et immuables constituant l'être et la raison.

Quelques citations:

"La définition nominale de la vérité en fait l'accord de la connaissance avec son objet " Kant

"Le "je pense donc je suis" est la vérité premiére de la philosophie " Descartes

"quand l'âme est sans contact avec le corps, elle parvient au vrai " Platon.

"La contemplation de la vérité est l'ultime fin de l'homme " Saint Thomas

"Nous atteignons le fondement du vrai par le coeur" Pascal

Quelques textes :

De Lucrèce (98-55 av. J.-C.): Texte Vérité Lucréce

Tu verras (alors) que la connaissance de la vérité nous vient primitivement des sens ...

De René DESCARTES (1596-1650): Texte Vérité descartes

On voit clairement pourquoi l'arithmétique et la géométrie sont beaucoup plus certaines que les autres sciences ...

De SPINOZA (1632-1677) : Texte Vérité Spinoza

Pour trouver la meilleure méthode de recherche de la vérité...

De Nicolas MALEBRANCHE (1640-1715) : Texte Vérité Malebranche

Il est vrai que les enfants ne paraissent pas fort propres pour la méditation de la vérité..

De Friedrich NIETZSCHE (1844-1900) : Texte Vérité Nietzsche

Vérité et mensonge au sens extra-moral: Qu'est-ce donc que la vérité ?...

Quelques sujets de dissertation :

A quoi reconnait-on la vérité ?
La vérité est elle discutable?
toute vérité est elle vérifiable?

Synthése:

Dans la langue courante on qualifie de « vrais » ou de « faux » aussi bien des énoncés que des choses, des événements que des situations. Cette qualification renvoie aux idées de concordance ou de non-concordance, d’adéquation et de non-adéquation, de conformité ou de non-conformité.

Pourtant ce n’est pas de la même façon qu’un énoncé et une chose peuvent ou non être vrais. Par exemple « la terre tourne autour du soleil » est vrai parce que conforme à ce que l’on sait de la réalité. En revanche si l’on parle de vraies perles, c’est pour insister sur le fait qu’elles ne sont pas synthétiques, que ce ne sont pas des imitations. Si elles étaient synthétiques, ces perles n’en resteraient pas moins des objets dont la réalité n’est pas en cause. Ce qui change c’est le jugement que l’on porte sur leur nature. De fait seul un jugement, ou un énoncé peut être vrai ou faux.
La qualification des choses comme vraies ou fausses rejoint en fait la définition philosophique traditionnelle de la vérité : « adéquation de l’esprit ou de la connaissance et de la chose ». Pourtant beaucoup de philosophes semblent confondre pour rendre compte du décalage entre la façon dont la réalité apparaît et ce qu’elle est véritablement, vérité et réalité (ce qui s ‘impose par les sens « le monde sensible » ou par l’esprit « les idées mathématiques par exemple »).

Platon identifie à sa façon la Réalité et la Vérité. Le réel sensible dans lequel nous vivons est souvent trompeur (illusion d’optique par exemple). La connaissance sensible est donc limitée aux apparences, et on ne saurait la qualifier de vraie. Il n’y a de vérité qu’au delà des apparences, dans ce qui ne change pas aux rythmes des fluctuations de la condition humaine. Platon fonde la distinction entre l’Etre et le paraître. Il existe deux ordres de réalité, l’un tient lieu de modèle, l’autre de copie. L’Etre est la vérité et les apparences (la copie) sont source d’erreurs et d’illusions.

Au XVII° siècle , Descartes, Malebranche, Spinoza, Leibniz… fondent la possibilité de représentations vraies de la réalité sur l’existence d’une réalité divine., vraie en elle même et donc sorte de garantie. Le caractère le moins discutable de la vérité est son évidence : « elle se présente si clairement et si distinctement à l’esprit qu’on ne peut la mettre en doute ». Ce siècle est aussi un siècle de conquêtes scientifiques. On prend au « sérieux » le décalage entre l’être et le paraître. On pose en termes de méthode le problème des conditions de la recherche de la vérité. On peut croire à l’origine divine de l’ordre du monde, la possibilité d’une science humaine n’en est pas moins explicitement admise et théorisée.

Avec Kant s’opère ce que lui même a nommé la révolution copernicienne en matière de théorie et de connaissance. Copernic avait « inversé » les positions respectives de la terre et du soleil dans l’univers (ce n’est plus le soleil qui tournait autour de la terre, mais le contraire). De la même manière Kant propose au sujet de la connaissance de ne plus faire l’objet le centre de la connaissance, l’origine du savoir, mais l’individu, celui qui observe cet objet. Reconnaître à la raison humaine la capacité d’élaborer des connaissances vraies par ses propres moyens, c’est ouvrir une brèche dans l’identification classique de la vérité à la réalité. La critique Kantienne est à l’origine de deux ruptures décisives :
- Le problème des conditions de possibilité de la découverte de la vérité se situe désormais sur fond des moyens et limites de la raison.
- Si il existe un Etre en soi, cela est d’un autre ordre, radicalement distinct de la saisie rationnelle (possible) de la réalité accessible dans la sphère de l’expérience humaine. Pour Kant nous ne pouvons pas saisir les « choses en soi » mais uniquement leurs manifestations, leurs phénomènes, leurs représentations à nos yeux, à nos sens, ce qu’elle « dégage » en quelque sorte.

Lorsque nous parlons du réel, c’est bien à l’immédiat directement accessible à notre expérience que nous pensons. Quelle que soit sa « vraie nature » le réel est ce que nous subissons, ce qui nous résiste, ce avec quoi il faut compter. La réalité finalement c’est l’ensemble des objets qui s’offre à notre connaissance sous des apparences qu’il faut « rectifie » pour trouver la vérité. La vérité se construit au fur et à mesure des approximations et des vérifications. Nous devons sur ces bases modifier la formulation et la solutions de trois problèmes essentiels :
- Si la vérité n’est pas une et absolue (raison d’être par soi-même), le critère de sa connaissance ne peut pas être celui de son évidence. Il ne peut y avoir aucun critère universel de la vérité.
- Si la réalité peut faire l’objet d’une connaissance vraie apprêt reconstruction par notre raison, la notion d’objectivité est à repenser. La connaissance objective n’est pas la « copie conforme » de la réalité, c’est au contraire une approche réfléchie et critique de ces objets.
- L’erreur et l’illusion ne sont pas la même chose mais ont chacune leurs caractères propres et acquièrent une positivité (on les utilise) comme étapes nécessaires de la conquête de la vérité.

On veut croire à la Vérité, à l’universel, à l’Art, la Morale, la Science… L’universalité rassure disait Nietzsche. Il faut aussi pendre garde comme le souligne Paul Ricœur que la « passion de l’unité » de la vérité peut être source de mensonge dangereux. Les passions religieuses ou politiques. Attention au faux pas du « total au totalitaire ». Il ne faut pas non plus tomber dans l’autre extrême « à chacun sa vérité ». La vérité est relative aux possibilités et exigences de la raison, dans certains cas à des croyances. Dans bien peu de cas elle est relative aux goûts et aux couleurs dont on ne discute pas.