Justice et Droit

Quelques Définitions:

Justice

Etymologie: origine latine : justicia conformité avec le droit justus (sentiment d'équité)

Définition générale : Juste appréciation, reconnaissance et respect des droits et du mérite de chacun.

Définition générale philosophique : Trois définitions:
La justice-notion : idée ou conscience naturel du droit naturel ou retionnel (donner à chacun ce qui lui est dû).
La justice-vertu: respect de la diginté humaine envers autrui et sa propre personne.
La justice-institution: institution de fait qui régit une société donnée ou droit positif plus ou moins éloigné du droit naturel.

Droit

Etymologie: origine latine: directum

Définition générale : Ce qui est conforme à une régle. Ce qui est exigible, ce qui est permis, dans une collectivité humaines.
Conformité à une régle morale, sociale.
Droit naturel.

Définition générale philosophique :Plusieurs définitions:
Droit positif: pouvoir qui résulte de la volonté du législateur
Droit coutumier: celui qui résulte des us et coutumes établis
Droit naturel, idéal, rationnel: résultat de la nature humaine, supérieur à toute convention ou legislation positive.

Quelques citations:

" La justice est le respect de la dignité humaine"." Proudhon.

"A chacun son dû selon le même droit pour tous" Spinoza

"Il n'y a qu'un droit naturel qui se substitue à tous les droits naturels individuels" Rousseau

"La force ne peut engendrer le droit" Rousseau

"Le droit naturel fondé sur les valeurs humaines est nécessaire." Léo Strauss

"La loi suppose la méchanceté humaine et s'efforce de la réprimer" Machiavel

"La loi defend les faibles contre les forts" Platon

"On ne pratique la justice que par crainte" Platon

 

Quelques textes :

De PLATON (427-347 av. J.-C.): Textes Justice Droit Platon

Texte donné au Bac: Serait-ce, peut-être, que la violence est juste si son auteur est riche, injuste s'il est pauvre....

La République, livre II: Écoute donc quelle est, selon l'opinion commune, la nature et l'origine de la justice

D'ARISTOTE (384-322 av. J.-C.): Textes Justice Droit Aristote

Texte donné au Bac: L'homme injuste est, semble-t-il, aussi bien celui qui agit contre la loi ...

Éthique à Nicomaque, Livre V: Il ne faut pas perdre de vue que ce que nous cherchons ici c'est non seulement le juste au sens absolu...

Texte donné au Bac: N'est-ce pas le désir insatiable de ce que la démocratie regarde comme son bien suprême qui perd cette dernière ?...

De Thomas HOBBES (1588-1679): Texte Justice Droit Hobbes

Léviathan, Chapitre XXVI: La loi de nature et la loi civile se contiennent l'une l'autre, et sont d'égale étendue  ...

De Blaise PASCAL (1623-1662) : Texte Justice Droit Pascal

Texte donné au Bac: Il est juste que ce qui est juste soit suivi  ...

De SPINOZA (1632-1677) : Texte Justice Droit Spinoza

Lettre à Blyenbergh: Je ne puis vous dissimuler l'extrême surprise que je ressens, quand vous dites : Si Dieu ne punissait pas la faute commise   ...

De David HUME (1711-1776) : Texte Justice Droit Hume

Texte donné au Bac: Certains penseurs ont affirmé que la justice naît de conventions humaines  ...

De Émile CHARTIER dit ALAIN (1868-1951): Texte Justice Droit Alain

Texte donné au Bac: La force semble être l'injustice même...

 

Quelques sujets de dissertation :

Sur quoi fonder la justice ?
Le droit n'est-il que l'expression des rapports de force ?
Sommes-nous autorisés à confondre action illégale et action injuste ?

Synthése:

La justice peut renvoyer à deux choses, l’institution judiciaire ou à une notion de morale., nous allons aborder la notion de morale.
Le sens de la justice, chacun s’en croit capable, en appréciant la justice ou l’injustice d’un acte, d’une décision ou d’un projet. Pourtant nous pouvons remarquer la diversité des lois et des pratiques en matière de justice. La revendication des droits de l’homme est une protestation contre l’injustice du monde.

Le sens de la justice est propre aux individus, aux consciences. Sans doute consiste-t-il dans le penchant qui nous fait éprouver les malheurs et les peines d’autrui que décrit Rousseau dans Emile. Mais sa faiblesse réside dans tout ce qui l’apparente à un sentiment, intermittence, indifférence à ce que l’on trouve moins touchant. La justice mérite d’être mieux défini, cerner. Le concept de justice obéit à une exigence aussi essentielle pour elle que pour la communauté toute entière.

La justice c’est d’abord une vertu, c’est-à-dire une disposition de l’âme qui consiste pour Platon par exemple « à faire en sorte que chacun face ce qui lui est propre ». C’est une vertu cardinale qui réunit la sagesse, la tempérance et le courage. Socrate admet que la justice passe par l’éducation des citoyens et l’organisation de la cité, que justice et injustice naissent des relations entre les membres de la cité.

Il y a lieu de distinguer la justice au sens général et la justice au sens particulier. La première réside dans la conformité de la loi, dans la légalité qui prescrit ce qui contribue à l’intérêt général. La seconde concerne proprement l’égalité. Quand il s’agit de cette vertu particulière la justice se nomme équité. Il convient alors de distinguer dans cette équité deux aspects : la répartition des avantages entre les membres, Aristote appelle cela la justice distributive, et les transactions entre individus, Aristote appelle cela la justice corrective. Dans le cas de la justice distributive, c’est le principe d’égalité qui est appliqué, dans la cas de la justice corrective c’est le principe de proportionnalité. La justice s’applique parce qu’il a des justes, c’est-à-dire des hommes pratiquant la justice., mais inversement « c’est par la justice que les justes sont justes » Platon. Il n’y a d’hommes justes qu’éclairés par l’idée de justice, c’est-à-dire de conformité à la loi et d’équité.

L’équité reste la vertu même de l’homme juste, en revanche la « conformité à la loi « pose problème. Il peut y avoir des lois injustes, car tout ce qui est légal n’est pas pour autant légitime.
Le respect des lois peut renter en contradiction avec l’équité. La justice réside moins dans la conformité aux lois que dans la conformité des lois, c’est-à-dire compatibilité avec le principe d’équité.

Les principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité dont on a si souvent d’énoncer le côté illusoire et utopique, sont pourtant porteurs d’une espérance en un monde juste. On en revient à une idée de justice qui est à la fois, ce vers quoi on tend et ce qui est déjà donné au départ. Chacun sait déjà, mais tous doivent s’entendre sur ce qu’ils savent.