Religion

Quelques Définitions:

Etymologie: origine latine : religio (scrupule (attention scrupuleuse), sentiment, croyance) mais aussi religare (lier, rattacher) de même racine que obligare ( obligation de la pratique religieuse, ou liens entre les hommes et dieux ou entre les hommes)

Définition générale : Ensemble d'actes rituels liés à la conception d'un domaine sacré distinct du profane, et destinés à mettre l'âme humaine en rapport avec dieu.
Reconnaissance par l'homme d'un pouvoir ou d'un principe supérieur de qui dépend sa destinée et à qui obeissance et respect sont dûs; attitude intellectuelle et morale qui résulte de cette croyance, en conformité avec un modéle social et qui peut constituer une régle de vie.

Définition générale philosophique : Rapport direct et individuel de l'âme humaine à dieu ou au divin, qui implique pour le croyant la foi dans l'existence d'un être surnaturel, être ou principe, d'un au delà, d'une transcendance. dieu ou le divin infini qui deborde notre finitude humaine.

Quelques citations:

" Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?" Voltaire

"l'homme, et en général tout être raisonnable, existe comme fin en soi, et non pas simplement comme moyen dont telle ou telle volonté puisse user à son gré" (Fondements de la métaphysique des mœurs, Kant 1785)

"Autrui c'est l'autre, c'est-à-dire le moi qui n'est pas moi " (Sartre).

Quelques textes :

De Pascal (1623-1662): Texte Religion Pascal

Pensées (1670) : je ne sais qui m'a mis au monde, ni ce que c'est que le monde...

De Voltaire (1694-1778): Texte Religion Pascal

Dictionnaire philosophique (1764), article "Fanatisme" : Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre ...

De David HUME (1711-1776) : Texte Religion Hume

Mon opinion est que tout homme sent, en quelque façon, la vérité de la religion ...

Sigmund FREUD (1856-1939): texte Religion Freud

Les doctrines religieuses sont soustraites aux exigences de la raison...

 

Quelques sujets de dissertation :

Croire, est-ce renoncer à l'usage de la raison ?
Peut-on venir à bout d'une croyance par le raisonnement ?
La raison est-elle en droit de discuter la croyance ?

 

Synthése:

Avant de définir l’homme comme un « animal religieux », il faut bien voir que certaines des plus anciennes sociétés nous ont laissé des traces de leurs attitudes religieuses. Pouvons nous en conclure que l’homme du paléolithique inférieur était religieux, nous ne pouvons ni l’affirmer ni le nier. En revanche nous pouvons dire que l’homme a laissé des traces par des symboles de sa pensée, sa manière de voir le monde, ce rapport entre lui et l’existence.

Si l’attitude religieuse semble un trait commun à tous les hommes, les religions sont diverses.
Le terme latin religio semble renvoyer à l’idée de « lien ». ce serait le lien des hommes avec le divin. Cette interprétation chrétienne est contestée. Il se serait agit plus anciennement d’un lien matériel, des nœuds exigés par l’accomplissement d’un rite. Quant au mot religiosus a gardé le sens de soin scrupuleux apporté a faire quelque chose (garder religieusement un secret). La religion traduirait une attitude de révérence craintive devant les mystère de l’existence, variante du sentiment du sacré.

L’idée du divin exprime ce qu’il y a de commun entre les religions et les croyances très diverses. Un seul Dieu ou plusieurs ?. Cette différence parait relativement simple, mais si l’on se tourne vers les religions plus anciennes le thème dominant semble beaucoup plus vague. C’est un sentiment de dépendance à l’égard d’une réalité incontrôlable, essentiellement d’un point de vue vital. Autours du divin s’organise une représentation de l’univers, une réponse aux questions sur la destiné humaine, la vie, la mort, la souffrance. Derrière les Dieux aux divers visages, on (les spirituels) distingue un unique absolu, un principe suprême.

Il est important de connaître la place du mythe dans l’univers religieux. Avant de commencer il convient de distinguer la mythologie et le mythe.
Pour les hommes de l’âge classique la mythologie, parfois nommé fable, est entièrement imaginaire. Comme religion elle est morte. En revanche le mythe est vivant, il se présente comme une histoire vraie. Il sert de modèle à la réalité. La vérité mythique explique pourquoi l’homme est ce qu’il est, pourquoi il naît et meurt, pourquoi il est sexué. Le mythe raconte un événement primordial qui sert de modèle aux événements significatifs de l’existence. Dans les religions archaïques on évoque se temps primordial ou les hommes se mêlaient au dieux avant leur expulsion du paradis terrestre.

La frontière entre philosophie et religion est floue sauf dans les cas extrêmes. Une religion demeure pour un philosophe un réservoir de symboles. Platon termine un certains nombre de ces dialogues par des mythes qui sont des variations personnelles des croyances communes. Quant au croyant il cherche l’intellection de sa foi. Il cherche à penser les données de la révélation et à y intégrer les fruits du raisonnement.

En même temps s’élabore des visions du monde étrangère à toutes religions et des éthiques en rupture avec les églises. Cependant par un mouvement inverse, Auguste comte s’attache à l’institution religieuse. Il l’a croit nécessaire pour lier les hommes les uns aux autres à travers les siècles et intégrer l’individu à la société. Athée par conviction, il s’est efforcé de forger une religion ou l’Humanité prenne la place de Dieu. Alain tient les religion pour des contes dans lesquels il ne faut chercher aucunes vérités factuelles. Il y trouve du bon sens sous les métaphores.

La religion est axée sur la foi et la pratique, en même temps qu’elle constitue un lien de l’individu à la collectivité. Un texte ancien hindou décrit la condition humaine, comme un homme enlevé loin de sa ville les yeux bandés. On espère que quelqu’un viendra lui prendre la main. On retrouve ici les thèmes de l’abandon et de la désorientation. D’autres histoires ou mythes vont dans le même sens (homme exilé d’un paradis, âme tombée dans la matière). A l’homme désorienté le mythe apporte des repères. La vie est difficile voir impossible si l’on reste désorienté.