Histoire

Quelques Définitions:

Etymologie: origine grecque : historia (recherche, relation de ce que l'on a appris)

Définition générale : Connaissance ou relation des événements du passé, des faits relatifs à l'évolution de l'humanité qui sont dignes ou jugés dignes de mémoire.
Partie des connaissances humaines, reposant sur l'observation et la description des faits, et dont l'acquisition met en jeu la mémoire, differents pour la philosophie ou la science (objet raison) ou la poésie et les beaux-arts (objets imagination).

Définition générale philosophique : Philosophie de l'histoire qui s'interroge sur le sens de l'histoire de l'humanité et qui par son passée peut peut être découvrir son avenir.

Quelques citations:

"L'histoire universelle est la manifestation du processus divin absolu de l'Esprit dans ses plus hautes figures" Hegel.

"Thucydide est à mon gré le vrai modèle des historiens. Il rapporte les faits sans les juger, mais il n'omet aucune des circonstances propres à nous en faire juger nous-mêmes." Rousseau

"La devise générale de l'histoire devrait être : Eadem, sed aliter (Les mêmes choses, mais d'une autre manière)." Schopenhauer

Quelques textes :

De Niccolò MACHIAVELLI (1469-1527): Texte Histoire Machiavel

Discours sur la première décade de Tite-Live, II: Les hommes se trompent quand ils décident lequel vaut le mieux du présent ou du passé...

De David HUME (1711-1776): Texte histoire Hume

Tout le monde reconnaît qu'il y a beaucoup d'uniformité dans les actions humaines...

De HEGEL (1770-1831): Texte Histoire Hegel

La Raison dans l'histoire : L'histoire universelle est la manifestation du processus divin, de la marche graduelle par laquelle l'Esprit...

De ALAIN (1868-1951): texte Histoire Alain

Propos sur le bonheur, chap. XXIV : Tant que l'on n'a pas bien compris la liaison de toutes choses et l'enchaînement des causes et des effets ...

Quelques sujets de dissertation :

L'histoire est-elle un éternel recommencement ?
L'histoire : ce qui arrive à l'homme ou ce qui arrive par l'homme ?
Le journaliste peut-il décider qu'un événement est historique ?

Synthése:

Le terme histoire comporte en français deux significations distinctes. L’une désigne le récit des événements passés (histoire du moyen age par exemple) l’autre désigne l’ensemble des événements eux mêmes (le cours de l’histoire, son accélération).
L’histoire est-elle une science du passé ou alors l’histoire de l’humanité a-t-elle un ordre, une orientation. ? Ces deux problématiques sont étroitement liées ; car le passé humain n’a d’existence ou de réalité que dans l’histoire, celle que nous raconte les historiens.

C’est avec Hérodote (485-420 Avant JC) que le mot histoire est synonyme d’enquête, d’information. On le surnomme le père de l’histoire. C’est un compteur de talent qui a laissé une œuvre considérable au sujet des guerres Médiques. Mais c’est avec Thucydide (470-401 avant JC) qui réalise, quelques années plus tard, avec l’histoire de la guerre du Péloponése, un véritable modèle du genre ; Il avait un grand souci d’exactitude et de documentation approfondie. Il introduit l’approche critique et le souci d’objectivité.

Ce souci d’objectivité est une question centrale pour l’historien. Mais l’histoire a affaire à des hommes et donc des comportements porteur de sens, d’intention souvent obscures et cachées qu’il convient de déchiffrer. Ce souci d’objectivité doit alors non pas faire place à un modèle de type science physique mais au contraire doit inclure de la subjectivité qui permettra à l’historien d’aller vers l’autre, pour faire dialoguer le présent avec le passé. L’historien sélectionne les faits et les édifie en grandes séries (économiques, politiques etc). Le fait historique est élaboré par l’historien et ne doit pas être assimilé à l’événement.

Ce trouve alors posé le problème de la causalité, de l’ordre instauré par l’historien. Il apparaît délicat de distinguer les différentes causes d’un événement. Existe t-il des causes majeures et d’autres mineures ? Quant aux séries, ne sont-elles pas arbitrairement isolées ? quant à la causalité qui détermine des forces déterminantes dans les grands événements, elle peut exclure d’une certaine manière la liberté des individus et des peuples.

Pourtant les individus et les peuples ne se sentent pas souvent les auteurs de leur histoire, ils s’en sentent plus comme des acteurs (instruments ou victimes). C’est peut être là la source d’une croyance au destin (force impersonnelle ayant déterminée à l’avance le cours générale des événements) ou à une providence divine (l’histoire des hommes est orientée dans un sens de progrès avec le réconfort du salut).
Pourtant le spectacle de l’histoire superficielle est désolant, la folie des hommes poursuivant leurs intérêts portent a désespérer de cette humanité et du progrès si cher au siècle des lumières.

C’est pour comprendre cette histoire que Kant et Hegel entre autre on essayé de trouver un sens de l’histoire dont l’absurdité saute aux yeux. Hegel ne juge pas l’histoire d’un point de vue moral ou éthique, il s’écarte de tout appréciation subjectives. Il peut alors affirmer que tant de sacrifices ne sont pas vain et concours au progrès de la Raison. Les peuples sont l’instruments inconscient de l’Esprit du monde.

Cette idée de Raison en marche ne dépossède t-elle pas les hommes de leur liberté? Pour Marx et Engels :"l'histoire ne se sert pas de l'homme comme d'un moyen pour réaliser ses propres buts, elle n'est que l'activité de l'homme qui poursuit ses objectifs". Cette histoire nullement fatale est leur oeuvre.

Pour Valéry, l’homme qui cherche à tout prix des enseignements dans le passé risque fort de se tromper et la lecture d’un livre d’histoire, comme celle d’un document, peut donner lieu à des interprétations également édifiantes mais nullement concordantes. Chacun cherche à infléchir l’histoire dans un sens qui soit conforme à ses aspirations.
La connaissance du passé doit être utile à la vie, à l’action présente, et ne peut pas être une fuite maladive du présent. Un « excès d’histoire » est envisageable selon Nietzsche auquel il convient , selon lui, d’opposer un contre-poisons.

Dans la croissance instable du passé et du présent, l’historien s’emploie à déceler les choix fondamentaux, les orientations et les valeurs de son présent. Plus qu’une interrogation angoissée sur le temps qui passe et la multiplication des tragédies, l’histoire constitue donc une recherche d’authenticité et de vérité (historia en grec veut dire rechercher). Elle est le mouvement par lequel l’homme prend conscience de lui-même.